
Dans le cadre de son projet d’accompagnement des familles pour l’enregistrement à l’état civil, Women Peace Initiatives (WOPI) continue de redonner le sourire aux enfants privés d’identité légale. En décembre 2024, des actes de naissance ont été officiellement remis aux parents au siège de l’organisation à Douala, marquant une nouvelle étape dans son engagement en faveur des droits fondamentaux des enfants. Le slogan est « Un enfant, un acte de naissance ». Malgré les nombreuses difficultés rencontrées sur le terrain, WOPI reste résolument engagée pour que chaque enfant soit reconnu, à dire NON aux enfants fantômes. L’absence d’acte de naissance constitue l’un des premiers facteurs d’exclusion sociale. Elle prive les enfants de l’accès aux services sociaux de base et les expose à de multiples formes de vulnérabilité.
Un projet structurant pour la gouvernance locale
Ce plaidoyer et ces actions concrètes s’inscrivent dans le cadre du projet intitulé : « Contribution au renforcement de la gouvernance locale par la réhabilitation de l’état civil à travers l’information, la sensibilisation et l’accompagnement des citoyens aux formalités et obligations y relatives ». L’objectif du projet est de contribuer à l’amélioration du développement local par le relèvement du taux de déclaration des actes d’état civil dans la région du Littoral. Mis en œuvre dans sa deuxième phase avec l’appui du PROCIVIS, le projet a ciblé quatre localités : Douala 3ᵉ et Douala 5ᵉ (département du Wouri), Dibombari (département du Moungo), Ngwei (département de la Sanaga Maritime).
La mise en œuvre de l’action a débuté le 27 décembre 2020 par une réunion préparatoire réunissant les copartenaires associatifs. Cette rencontre visait à assurer une bonne compréhension du contrat de subvention et à planifier stratégiquement les activités initiales. Une équipe technique de gestion du projet a été mise en place, des documents opérationnels produits et du matériel informatique et bureautique acquis. Les activités de plaidoyer institutionnel ont démarré dès janvier, à travers des lettres d’information, de demandes d’audience et d’accompagnement adressées aux ministères, administrations et parties prenantes clés. Ces démarches ont permis d’obtenir l’adhésion de plusieurs acteurs, avec près de 240 personnes touchées par les actions de plaidoyer.
Mobilisation communautaire et renforcement des capacités
Le lancement officiel du projet, le 28 juillet 2020, s’est tenu sous la présidence du représentant du Gouverneur de la région du Littoral et a réuni une quarantaine d’acteurs institutionnels, judiciaires, traditionnels, religieux et associatifs. Le renforcement des capacités a constitué un axe central du projet : 20 agents relais ont été formés pour assurer les activités de sensibilisation et d’accompagnement sur le terrain, 3 ateliers ont été organisés pour les acteurs de la chaîne de l’état civil à Douala 3ᵉ, Douala 5ᵉ et Ngwei, plus de 156 acteurs de la chaîne de l’état civil, dont une dizaine d’OSC, ont été sensibilisés et formés.
Au 10 décembre 2021, les actions menées ont permis de recenser : plus de 11 648 personnes sans actes de naissance, dont plus de 10 000 enfants de moins de 16 ans, 308 personnes déplacées internes, 522 enfants réfugiés, plus de 800 couples sans actes de mariage, 236 familles sans actes de décès. Les objectifs initiaux ont été largement atteints. Plus de 10 000 personnes ont été touchées par les descentes de terrain, 14 000 via les réseaux sociaux, et environ 15 000 par les émissions radio, reportages télévisés et la presse écrite.
Les populations ont désormais une meilleure compréhension de l’importance de l’état civil, des délais de déclaration et des procédures prévues par l’ordonnance de 1981. Des cas encourageants ont été observés, notamment des femmes enceintes ayant régularisé la situation de leurs enfants et déclaré systématiquement les naissances ultérieures. À travers ce projet, WOPI démontre que l’accès à l’état civil est un levier fondamental de paix, de justice sociale et de développement local. En garantissant une identité légale aux enfants, l’organisation contribue à bâtir des communautés plus inclusives et à prévenir les exclusions futures.