Consolidation de l’avant-projet de loi relative aux violences faites aux femmes et aux filles : Women’s Peace Initiatives et le Cluster SOAWR en partenariat avec le MINPROFF et ACAFEJ en atelier à Yaoundé.

Cet atelier de haut-niveau qui s’est tenu le 14 mai 2025 dans la salle de conférence de l’hôtel de ville de Yaoundé a été organisé par le Cluster Afrique Centrale de la SOAWR (Solidarity for African Women’s rights) dont Women’s Peace Initiatives est membre et sous le lead de l’association Women’s Counseling and Information Center (WCIC). Présidée par la représentante du MINPROFF Mme Ongola Martine, la rencontre a été organisée en partenariat avec l’association Camerounaise des femmes juristes (ACAFEJ). Elle a réuni des juristes, des anthropologues, des experts en genre, des leaders d’OSC de femmes et des responsables du MINPROFF.

D’une façon globale, cet atelier visait à documenter le phénomène de violences faites aux femmes et aux filles de manière à induire des propositions de prise en compte et de prise en charge législatives satisfaisantes.
Spécifiquement l’atelier visait à :

Il faut rappeler que le contexte de cet atelier s’inscrit à l’actualité de l’accroissement des VBG dans notre pays, notamment les féminicides. Quelques statistiques tirées de la présentation faite par l’expert consultant le Magistrat Ovono Ondoua Ulrich Xavier, chargé de la rédaction de l’avant-projet de la loi sur les VFFF. En 2024, Plus de 6000 cas de VFFF déclarés au Cameroun, 75 cas de féminicides selon les rapports des délégations du MINPROFF dans le pays. L’enquête nationale sur la santé de 2018 révèle les statistiques suivantes :
34 % de femmes au Cameroun sont victimes de violences physiques, sexuelles et émotionnelles dont la majorité causée par les partenaires intimes. Pour les couples en rupture le taux de violence est le plus élevé, soit 12%. L’alcool est un accélérateur d’exercice de la violence dans notre contexte. S’agissant de la recherche de l’aide 28% de femmes seulement demandent de l’aide pour les violences physiques et 37% pour les violences sexuelles. Les femmes intellectuelles au Cameroun sont le plus exposées aux violences. Les violences sont le plus présentes dans les centres urbains. Les victimes sont très souvent rejetées par leur famille et généralement prise au piège de la fameuse médiation familiale qui exerce une pression négative sur ces dernières.

En 2020, 9282 cas de violence ont été portés en justice. En avril 2025, déjà 22 cas de féminicides recensés au Cameroun. S’agissant des violences sur les enfants, les plus exposés ont entre 8 ans et 15 ans dont 51% sont les filles. Les enfants victimes des crises subissent les violences institutionnelles et socio-politiques notamment l’obstruction au droit à l’éducation. Les raisons de l’accroissement de ces violences sont entre autres, l’internet, le refus de la liberté de pensée et d’expression aux femmes par les hommes, les difficultés sociales, etc.

A travers ce constat alarmant des chiffres et au regard des insuffisances constatées dans la réglementation actuelle en vigueur au Cameroun, et avec l’actualité sur l’affaire de Dame Diane Eyango, victime de féminicide en 2024, la situation appelle de « faire le procès de la loi ». D’où l’urgence de l’adoption d’une loi sur les VFFF dans notre pays.

Les travaux de groupe ont consisté à : réfléchir sur les cas de VBG existant dans notre pays d’une part, et d’autre part, faire des propositions à la lumière des lignes directrices de l’Union Africaine sur les violences faites aux femmes, de la convention sur l’élimination des violences faites aux femmes et aux filles en Afrique et le protocole de MAPUTO et à enrichir l’avant-projet de loi qui sera consolidé par les experts.
Quelques recommandations :