
À l’occasion de la Journée internationale de la paix 2026, Women Peace Initiatives (WOPI), WILPF Cameroon et World BEYOND War (WBW) ont pris part à un événement commémoratif organisé au Palais des Verres de Ngoa-Ekellé, à Yaoundé, par le Parlement du Cameroun et le Système des Nations Unies, en partenariat avec l’Association internationale des Parlementaires pour la Paix (AIPP-Cameroun) et la Fondation ITAKA Scolapios. Placée sous le thème « Investir dans la paix pour tous, partout, chaque jour », cette rencontre a constitué un espace de dialogue entre parlementaires, représentants des Nations Unies, organisations de la société civile et autres acteurs engagés dans la promotion de la paix. Les discussions ont porté sur la prévention des conflits, la consolidation de la paix et la protection des populations vulnérables, avec une attention particulière accordée aux violences sexistes, aux féminicides et aux infanticides. La participation de WOPI et ses organisations partenaires s’inscrit dans une dynamique de mobilisation en faveur de la prévention des violences, du dialogue et de la construction de communautés plus pacifiques.
Les interventions d’ouverture ont souligné la nécessité d’accroître les investissements en faveur de la paix et de renforcer la collaboration entre les institutions. La représentante de l’Association internationale des Parlementaires pour la Paix a notamment insisté sur l’importance de consolider la coopération entre l’Assemblée nationale et le Sénat. Pour sa part, le Conseiller principal des Nations Unies pour la paix et le développement, Stean Tshiband, a mis en évidence le rôle des parlementaires dans l’élaboration de lois favorables à la paix et à la protection des populations. Il a également souligné la nécessité d’intégrer davantage les objectifs de paix dans les politiques publiques et de prévoir des budgets appropriés pour les initiatives de prévention des conflits et de consolidation de la paix. Plusieurs pistes d’action ont été évoquées, notamment le renforcement des capacités des acteurs de la paix, la création d’espaces permanents de dialogue, la facilitation des échanges entre parlementaires et la recherche concertée de solutions pacifiques aux conflits.
La Fondation ITAKA Scolapios a également présenté ses initiatives dans les domaines de l’éducation, de la consolidation de la paix, de l’aide humanitaire et de l’autonomisation socioéconomique. Son projet « Art pour la paix » illustre notamment comment les activités artistiques peuvent offrir aux jeunes des espaces d’expression et de dialogue, tout en favorisant la tolérance et la cohésion sociale.

Le premier panel, consacré au thème « Le rôle du Parlement dans le renforcement de la paix », a permis d’examiner les responsabilités des institutions parlementaires dans la prévention des conflits et la consolidation de la cohésion sociale. Les échanges ont souligné le rôle des partis politiques dans la création d’un climat de paix avant, pendant et après les élections. Les participants ont recommandé de sensibiliser les militants au respect des lois et des procédures démocratiques, de prévenir les violences après la proclamation des résultats et de respecter les résultats des urnes, y compris lorsqu’ils sont défavorables. Les discussions ont également mis en évidence l’importance d’un contrôle parlementaire renforcé des politiques publiques dans les territoires vulnérables. Parmi les recommandations figuraient la réalisation de missions de terrain ciblées, la production de rapports de suivi, l’institutionnalisation des consultations parlementaires de proximité et la création de cadres permanents de dialogue dans les circonscriptions. Une attention particulière a été accordée à la participation des femmes et des jeunes, au développement des mécanismes d’alerte précoce et au renforcement des compétences des parlementaires en matière de médiation et de prévention des conflits. L’intégration de programmes d’éducation à la paix dans les formations a également été préconisée.
Prévenir les violences sexistes, les féminicides et les infanticides

Le deuxième panel était consacré au thème : « Dialogue parlementaire sur le renforcement de la prévention et de la lutte contre les violences sexistes, les féminicides et les infanticides au service de la paix au Cameroun ». La première session a porté sur l’analyse du contexte par la société civile et sur le rôle des organisations dans la prévention des violences, la sensibilisation, l’accompagnement des victimes et le plaidoyer. Les échanges ont mis en évidence la nécessité de renforcer les mécanismes d’assistance aux victimes et aux survivantes et d’améliorer la coordination entre les différents acteurs. La deuxième session a examiné les mesures prises par les pouvoirs publics et la nécessité de renforcer les mécanismes institutionnels de prévention, de protection et de prise en charge des victimes. Les discussions ont notamment porté sur la responsabilité des institutions et l’importance de rendre compte des actions engagées. Les participants ont ainsi rappelé que la lutte contre les violences ne peut reposer uniquement sur la sensibilisation. Elle nécessite également des dispositifs de protection accessibles, des moyens financiers adaptés, un cadre juridique approprié et une meilleure coordination entre les services publics et les organisations de la société civile.
Les recommandations formulées au cours du panel se sont articulées autour de trois priorités majeures :
– Améliorer l’accompagnement des victimes
Les participants ont recommandé de prévoir un budget spécifique pour le suivi et l’accompagnement des victimes, de mettre en place un fonds d’urgence pour les survivantes et de créer des maisons d’accueil. Le développement de cliniques mobiles, le renforcement de la confidentialité dans la prise en charge et l’autonomisation socioéconomique des femmes victimes de violences ont également été proposés.
– Renforcer le cadre juridique et son application
Les discussions ont souligné la nécessité d’adopter une législation spécifique contre les violences, d’élaborer un avant-projet de loi sur les féminicides et les infanticides et de renforcer les textes relatifs aux violences sexistes. Les participants ont également appelé à vulgariser les lois existantes, à garantir leur application effective et à réduire les délais des procédures judiciaires, notamment dans les affaires de féminicides et d’infanticides.
– Améliorer les données et la coordination des interventions
La collecte de données fiables et l’harmonisation des réponses apportées par les différents acteurs ont été identifiées comme des priorités. Les participants ont également recommandé de renforcer la coopération entre les pouvoirs publics, la société civile et les autres parties prenantes, tout en impliquant davantage les hommes et les leaders communautaires dans les actions de sensibilisation et de plaidoyer.
Ces mesures sont essentielles pour mieux documenter les violences, adapter les politiques publiques aux réalités du terrain et garantir une réponse plus cohérente aux besoins des victimes. La participation de Women Peace Initiatives à cet événement a contribué à la réflexion sur les responsabilités des institutions, des acteurs politiques, de la société civile et des partenaires internationaux dans la construction d’une paix durable au Cameroun. Les échanges ont rappelé que la paix ne se limite pas à l’absence de conflits armés. Elle suppose également la prévention des violences, le respect des droits humains, le dialogue démocratique et la protection effective des personnes vulnérables. Les discussions consacrées aux violences sexistes, aux féminicides et aux infanticides ont mis en évidence la nécessité de renforcer les mécanismes de protection, d’améliorer l’accès à la justice et de soutenir les victimes et les survivantes.