En octobre 2024, trois ateliers dédiés à l’approche sensible au traumatisme ont été organisés successivement à Dschang, Douala et Yaoundé, marquant une étape importante dans le renforcement des capacités des acteurs engagés pour la paix et la cohésion sociale. Les sessions se sont tenues les 8 et 9 octobre à Dschang, les 15 et 16 octobre à Douala, et les 29 et 30 octobre à Yaoundé, réunissant à chaque étape des participants motivés et engagés à contribuer à une transformation positive au sein de leurs communautés.

Ces ateliers, organisés par le Bureau régional de la GIZ à Yaoundé et le Ziviler Friedensdienst (ZFD/GIZ), faisaient suite à une session introductive tenue en juin 2024 sur l’approche axée sur le traumatisme. Ils visaient à approfondir la compréhension du traumatisme et à doter les participants d’outils concrets pour intégrer cette sensibilité dans leurs actions de terrain. Dès la première journée, les facilitateurs ont exploré des notions fondamentales : la définition du traumatisme, ses causes, ses manifestations individuelles et collectives, ainsi que les réponses adaptées à adopter dans une perspective de compassion et de non-violence. Une attention particulière a été accordée à l’approche « Do No Harm », présentée comme un principe essentiel pour éviter de raviver les blessures et renforcer la confiance dans les interventions communautaires.

Apprendre par l’expérience et le partage

Les participants ont pris part à des travaux de groupe centrés sur des projets concrets, réfléchissant aux moyens d’intégrer l’approche sensible au traumatisme dans leurs initiatives respectives. Des jeux de rôle ont permis de mettre en situation des contextes de stress et de traumatisme vécus au quotidien, soulignant l’importance de l’écoute, du soutien mutuel et de la solidarité comme leviers de résilience. La deuxième journée, particulièrement riche en émotions, a été marquée par un exercice d’introspection personnelle, au cours duquel chaque participant a représenté sa « rivière de vie », retraçant son parcours, ses épreuves et ses ressources. Cet exercice a favorisé une meilleure compréhension de soi et des autres, renforçant l’empathie et la cohésion du groupe. Une présentation sur le traumatisme intergénérationnel au Rwanda a permis de mettre en lumière l’impact durable des violences passées et la manière dont les traumatismes non résolus peuvent traverser les générations. Cette réflexion a renforcé la prise de conscience de la nécessité d’aborder le traumatisme non seulement au niveau individuel, mais aussi collectif et historique.

Vers des communautés plus résilientes

L’atelier s’est achevé par une réflexion collective autour des bonnes pratiques en matière de gestion du stress et du traumatisme, offrant aux participants des outils concrets pour faire face aux défis auxquels leurs communautés sont confrontées. À travers ces ateliers, des graines de compassion et de résilience ont été semées. Pour Women Peace Initiatives (WOPI), l’approche sensible au traumatisme constitue un pilier essentiel de la construction de la paix, en permettant de transformer les blessures en opportunités de guérison et de renforcer les liens sociaux. Ensemble, les participants ont promis d’avancer vers un avenir où le traumatisme ne sera plus un obstacle, mais un pont vers une société plus unie, plus consciente et plus forte.