
Women Peace Initiatives (WOPI) a pris part, le 8 octobre 2026, à une atelier de renforcement des capacités organisée par l’Association Femmes et Enfants (AFE) au Parcours Vita de Douala. Cette rencontre était consacrée à l’approche genre, à la budgétisation sensible au genre et à l’autonomisation économique des femmes, avec une attention particulière portée aux filles défavorisées et à leurs enfants dans l’arrondissement de Douala V. L’objectif principal était de renforcer les capacités de 60 responsables d’institutions et de parents afin de leur permettre de mieux comprendre les enjeux liés au genre et d’intégrer cette approche dans leurs pratiques. La formation a également mis en lumière le rôle de la budgétisation sensible au genre dans la réduction des inégalités et la promotion d’un développement plus équitable.
La cérémonie d’ouverture a été marquée par le mot de bienvenue de la Présidente de l’AFE et les discours d’ouverture de la Déléguée régionale du ministère de la Promotion de la femme et de la famille (MINPROFF). La formation s’est articulée autour de quatre modules dont le premier a permis de clarifier la distinction entre le sexe et le genre. Le sexe renvoie aux caractéristiques biologiques, tandis que le genre concerne les rôles, les attributs et les normes que la société associe aux femmes et aux hommes. Cette distinction est essentielle pour comprendre comment les attentes sociales peuvent produire des inégalités et limiter les possibilités offertes aux filles et aux femmes. Elle invite les responsables d’institutions, les parents et les autres acteurs communautaires à examiner leurs pratiques et à promouvoir des relations plus équitables.
La budgétisation sensible au genre : un outil de réduction des inégalités

Le deuxième module était consacré à la budgétisation sensible au genre (BSG). Cette approche consiste à tenir compte des besoins spécifiques des femmes, des hommes, des filles et des garçons dans la planification, l’allocation et l’utilisation des ressources. La formation a présenté les quatre étapes principales de cette démarche :
– L’analyse genre, qui permet d’identifier les besoins et les inégalités entre les différents groupes ;
– La planification et la budgétisation, qui consistent à prévoir des ressources adaptées aux besoins identifiés ;
– L’exécution, qui porte sur la mise en œuvre des activités et l’utilisation des ressources prévues ;
– Le suivi et l’évaluation, qui permettent de mesurer les résultats, de repérer les déséquilibres et d’apporter les ajustements nécessaires.
Les échanges ont souligné l’importance de disposer de données fiables pour orienter les décisions budgétaires. La collecte et l’analyse des données permettent de mieux comprendre les réalités des différents groupes et de justifier les choix effectués dans la répartition des ressources. La budgétisation sensible au genre a ainsi été présentée comme un outil favorisant la réduction des inégalités, l’autonomisation économique, la transparence et l’amélioration de la gouvernance. Pour atteindre ces objectifs, les décisions doivent tenir compte des besoins réels des bénéficiaires et pouvoir être expliquées de manière claire.
La formation a également permis de mettre en évidence la dimension concrète de cette approche à travers un projet destiné à soutenir l’autonomie économique des jeunes filles défavorisées. Dans le cadre de ce projet, 100 jeunes filles ciblées doivent recevoir des machines à coudre afin de développer leurs compétences et de favoriser leur autonomie financière durable. Cette initiative illustre l’importance de relier la planification budgétaire aux besoins réels des bénéficiaires. L’accès à des outils de travail peut contribuer à renforcer les possibilités d’insertion professionnelle et de génération de revenus, à condition d’être accompagné d’un soutien adapté et de perspectives d’utilisation durables. En investissant dans les compétences et les moyens de production des jeunes filles, les initiatives de ce type peuvent contribuer à réduire certaines barrières économiques et à renforcer leur capacité à participer à la vie sociale et économique.
Le troisième module a porté sur la mise en pratique de la budgétisation sensible au genre au Cameroun. Selon les éléments présentés durant la formation, cette approche est intégrée dans les processus budgétaires nationaux depuis les années 2009-2010. Des ministères tels que le MINPROFF, le ministère des Affaires sociales (MINAS) et le ministère de la Jeunesse et de l’Éducation civique (MINJEC) prennent en compte cette dimension dans la préparation de leurs budgets. Les discussions ont rappelé que l’intégration du genre dans les décisions budgétaires ne doit pas se limiter à une intention générale. Elle nécessite une analyse des besoins, des données pertinentes, une allocation cohérente des ressources et un suivi permettant d’évaluer les résultats obtenus.
Le quatrième module a abordé la question du réarmement moral, en mettant l’accent sur les valeurs, l’éthique et l’exemplarité. Les responsables d’institutions et les parents ont été invités à prendre pleinement conscience de leur rôle dans l’encadrement des jeunes filles. Leur comportement, leurs décisions et les valeurs qu’ils transmettent peuvent influencer les attitudes et les perspectives des jeunes dont ils ont la responsabilité. L’éducation à l’équité et à la responsabilité exige ainsi une cohérence entre les discours et les pratiques. Les adultes doivent pouvoir incarner des modèles fondés sur le respect, la justice, la responsabilité et la reconnaissance des capacités de chaque personne.
La participation de WOPI à cette activité s’inscrit dans une dynamique de promotion des droits des femmes, de renforcement des capacités et de soutien à l’autonomisation économique des filles. Les échanges ont rappelé que le genre est une construction sociale susceptible d’évoluer selon les époques et les contextes. La budgétisation sensible au genre permet de mieux prendre en compte les spécificités des populations, de réduire les inégalités et de favoriser une répartition plus équitable des ressources.